LE CULTE MAMI WATTA

 

 

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Ses adeptes s’appellent les Mamissi.  Ils sont généralement et le plus souvent des femmes mais cela n’exclu pas les hommes. Les Mamissis sont des voyants. Ce sont des gens qui peuvent déterminer ce qui pourra se passer dans l’avenir, les évènements heureux ou malheureux. Le Mami  est une sirène (de la mer). Le mamissi dispose d’une chambre spéciale dans une (sa) maison. Sur une grande table de la chambre se trouve des vingtaines de parfums, de poudres blanches, des jouets, des nounous, des fleurs, bref tout ce qui pourra embellir une table et surtout un miroir qui sert à voir des choses mystiques. On peut également trouver sur cette table un trou rempli d’eau embaumée de parfum et de poudre blanche.


 Le Culte Mami

Les Mamissis ont souvent besoin de parfums, de poudres blanches, d’œufs, et de sucreries (pom-pom ou la Limonade, boisson fabriquée au Togo) pour faire leurs cultes et d'une somme d'argent. C’est le prix à payer pour la voyance simple. Ils demandent parfois des choses plus importantes s’il s’agit de ce qu’ils appellent le lavage de cerveau ou purification, ou encore, la libération des esprits mauvais.    


Voyons à présent comment tout ceci s’effectue 

Premièrement, ils préparent un mélange d’herbes, de parfum et de poudres dans un canari pour laver le concerné. Cette pratique se fait à la maison quand il s’agit d’un lavage simple, ou à la plage s’il s’agit de devenir adepte de Mami. 

Lavage à  la maison

Le Mamissi fait participer certains de ses adeptes aux cérémonies. Lors des cérémonies, ils entonnent des chants et dansent. L'initié attache un petit pagne tout autour des reins, sur lequel sont imprimés de petits  boutons rouges et blancs à base d'argile.  On immole ensuite, un coq ou une poule  dont le sang sera versé sur la tête de la personne concernée. Après, on la lave proprement avant d'entrer dans la cérémonie.  Après, ils l’accompagnent en chantant, dansant hors de la petite cabane où la cérémonie s’était déroulée. C’est alors la fin de l'initiation.

Devenir Adepte de Mami.

Le candidat doit avoir au prime abord du parfum, poudres, biscuits, bonbons,  œufs,  pintades blanches, dindons, colombes ... Le  Mamissi fait appel à ses proches adeptes pour donner plus de tonus à la cérémonie car ils sont tous solidaires.

Tous ces produits sont regroupés en plusieurs tas, destinés aux enfants. Ils utilisent des véhicules pour leur transport. Les départs ont lieu le plus souvent la nuit avant 23h, puisqu’ils doivent être à la plage avant minuit. Pour jeter tout ce qu’ils ont amené dans la mer en offrande à la Sirène. De retour à la maison, au rythme des tam-tams, les enfants accourent pour prendre dans les maisons, les objets qui leurs sont destinés. 

Les Mamissis, lors des cérémonies, sont toujours en pagne blanc, symbole de la propreté, de la pureté dans le système Vaudou.

 

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Mami Watta et l'initiation

 "Jean‑Pierre Collos (doctorant ephe), qui analyse les mutations religieuses dans la région de l’ancienne Côte des Esclaves, a centré son exposé sur l’« alliance religieuse » entre un chef spirituel du culte de Mami Wata et une déité communément appelée Sirène ou Déesse dans l’aire culturelle Adja Tado (sud Bénin et sud Togo). L’« alliance » se manifeste une première fois au cours de l’installation de la chambre de la déesse, à la fin d’un parcours d’initiation qui apparaît comme le premier degré et qui donne le statut d’adepte. Puis elle est réitérée chaque année au cours d’un second cycle rituel qui fait accéder au statut de maître du fétiche. Cette deuxième forme d’alliance s’effectue chaque année en décembre sous la forme d’un voyage chamanique effectué par le chef spirituel qui est censé rejoindre la Sirène dans son domaine : la mer, pendant soixante-douze heures. Elle est génératrice de chance, de bonheur et de prospérité. À la fin du parcours initiatique du premier degré, les adeptes acquièrent un don de guérison et à la fin du second, un pouvoir de voyance. Tout en se rattachant aux caractéristiques communes des différents cultes de Mami Wata, ce culte semble être une idiosyncrasie."

Signification de Mami Watta

 

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"Selon le chercheur Goudabla Kligueh, maître Vodu, qui a passé plus de 20 ans à travailler sur le Vodu, Mami watta chez les Adza-Tado, peuples répartis entre le Togo, le Benin et le Ghana, principalement Evé et Fon, vient de « Ma mi ata » signifiant «je ferme la jambe» ou «ma mi wo ata» qui veut dire «je ferme ta jambe» chez les Evé de la Volta Region au Ghana. D’où Mami watta ou Mami Ata. En fait l’adepte de Mami wata, le Mamisi ou son «conjoint», est soumis à un régime sexuel d’interdit quand il doit recevoir la visite de la sirène, qui prend une apparence humaine. Il doit donc «fermer ses jambes», « ma mi ata », sous entendu s’abstenir des plaisirs amoureux sur le plan physique. Il lui revient aussi de «fermer les jambes» de son partenaire terrestre, «ma mi wo ata» signifie «je ferme tes jambes»."

 Selon Goudabla Kligueh, maître Vodu, la relation avec Mami wata est telle que le Mamisi qui ne respecterait pas l’interdit de l’abstinence sexuelle, le jour dédié à la Sirène, encourt le risque d’impuissance sexuelle ou de rapports sexuels perturbés avec son partenaire. On dit alors que Mami wata «ferme les jambes» du partenaire du Mamisi. Une infécondité pourrait en découler.